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Conte n°7 – La Mouche et l’Araignée

Je vais vous raconter le voyage que j’ai fait.
Il était une fois un roi qui avait mené des guerres difficiles. Il les avait toutes gagnées et fait de nombreux prisonniers.
(Vous pensez peut-être que je vais tout vous raconter et que vous allez comprendre ?)Chaque année, le jour anniversaire de sa victoire, le roi organisait un banquet et un bal. Selon le protocole, tous les ministres et tous les dignitaires y assistaient. On y jouait des comédies, on se moquait des nations, y compris des Turcs. On imitait chaque peuple, ses coutumes et ses moeurs, et probablement se moquait-on aussi des Juifs.
Un jour, le roi fit apporter le livre où sont consignées les coutumes et les moeurs de chaque nation. Ayant ouvert le livre, il remarqua que les acteurs avaient tout fidèlement reproduit. Celui qui avait mis en scène la comédie avait sûrement lu le livre.
Plus tard, alors que le livre était ouvert devant lui, le roi vit une araignée qui avançait sur la tranche du livre. Sur les pages, se trouvait une mouche. L’araignée se lançait sans doute à la poursuite de la mouche. Alors que l’araignée avançait vers la mouche, le vent se leva et fit tourner les pages du livre.L’araignée ne put atteindre sa proie et rebroussa chemin, comme si elle abandonnait toute poursuite. Puis les pages revinrent à leur place. Une nouvelle fois, l’araignée voulut atteindre la mouche ; la page se souleva à nouveau, empêchant l’araignée d’arriver à ses fins. L’araignée rebroussa chemin encore une fois. Le même manège se répéta plusieurs fois. Finalement l’araignée repartit à la poursuite de la mouche. Elle s’avança et réussit à poser une patte sur la page. Alors que l’araignée était en partie sur la page, cette dernière se souleva, puis revint à sa place. L’araignée se retrouva coincée entre deux pages. Elle avança encore un peu et il ne resta presque plus rien d’elle. (Quant à la mouche, je ne vous raconterai pas ce qui lui arriva).
Le roi avait observé tout cela et en fut très étonné. Il comprit que ce n’était pas un simple incident, et qu’on avait voulu lui montrer quelque chose. (Les ministres avaient vu que le roi avait tout observé et s’était étonné). Le roi se mit à réfléchir à cet incident, essayant d’en trouver la signification. Il somnola devant le livre ouvert, et il rêva :Dans sa main, il tenait un diamant. Il le regarda et vit des gens en sortir. Alors il jeta le diamant.

Les rois ont la coutume d’avoir leur portrait accroché au-dessus d’eux. Et au-dessus du portrait est accrochée leur couronne. Dans son rêve, le roi vit que les gens sortis du diamant s’étaient emparés de son portrait et en avaient découpé la tête. Puis, ayant saisi la couronne, ils l’avaient jetée dans la boue. Ensuite, ils se précipitèrent sur lui pour l’assassiner. Une des pages du livre devant lequel il dormait se souleva et le protégea. Ils ne purent arriver à leurs fins et s’éloignèrent du roi. Alors, la page revint à sa place. Puis les autres voulurent à nouveau l’assassiner. La page se souleva à nouveau. Et cela se reproduisit plusieurs fois de suite.

Le roi voulut à tout prix savoir quelle page lui avait servi de bouclier, quelle page l’avait protégé et quelle était la nation dont les coutumes étaient consignées sur cette page. Il était effrayé à l’idée de regarder et s’écria : Au secours ! Au secours ! Les ministres présents l’entendirent et voulurent le réveiller. Mais on ne réveille pas un roi n’importe comment. Ils firent beaucoup de bruit autour de lui, mais il ne les entendit pas.

Puis, une haute montagne vint à sa rencontre et lui demanda :

– Qu’as-tu à crier ainsi ? Je dors depuis longtemps et personne avant toi n’a encore réussi à me réveiller.
– Comment ne crierais-je pas, alors qu’ils se dressent contre moi et veulent m’assassiner ? Seule cette page m’a protégé, lui répondit le roi.
– Si cette page te sert de bouclier, tu n’as rien à craindre. Nombreux sont les ennemis qui se dressent aussi contre
moi, mais cette page est mon bouclier. Viens, je vais te montrer.

Elle lui montra des myriades d’ennemis qui se tenaient autour d’elle. Ils festoyaient, s’amusaient, faisaient de la musique et dansaient. Ils se réjouissaient de ce qu’un des leurs avait imaginé un stratagème pour escalader la montagne. C’est pourquoi ils se réjouissaient, festoyaient, faisaient de la musique et dansaient. Ainsi agissait chaque compagnie. La montagne dit au roi : Cependant, la page où sont consignées les coutumes et qui t’a protégé, me protège aussi .

Au sommet de la montagne, se dresse une tablette de bois où sont inscrites les mêmes coutumes que celles consignées dans le livre, sur la page qui protège le roi. Or, comme la montagne est très haute, on ne peut pas lire ce qui est inscrit sur la tablette. Plus bas sur la montagne, il y a une tablette sur laquelle est écrit que quiconque
possède toutes ses dents peut escalader la montagne. C’est pourquoi, Dieu Béni-Soit-Il a fait croître une certaine herbe à l’endroit d’où l’on peut escalader la montagne. A cause de cette herbe, celui qui parvient à cet endroit perd toutes ses dents. Il peut bien arriver à pied, monter à un cheval ou dans un chariot, il perd ses dents. A cet endroit s’élèvent des amas, des collines de dents blanches.

Les gens qui étaient sortis du diamant, remirent le portrait du roi en place, lavèrent sa couronne et la raccrochèrent
à sa place.

Le roi se réveilla et regarda aussitôt la page qui avait été son bouclier, afin de voir quelles coutumes y étaient consignées. Il vit qu’il s’agissait des coutumes des Juifs. Il examina attentivement cette page et comprit la vérité. Il décida de se convertir au judaïsme. Mais comment procéder pour faire revenir le monde vers le bien et l’amener à la vérité ?

Il décida de se mettre à la recherche d’un sage susceptible d’interpréter son rêve avec exactitude. Il emmena deux hommes avec lui et parcourut le monde. Il ne voyagea pas comme un roi mais comme un simple mortel. Il se rendit de ville en ville et demanda où il pourrait trouver un sage capable d’interpréter un rêve avec précision. On lui dit que le sage qu’il cherchait vivait à un certain endroit. Il s’y rendit, trouva le sage et lui raconta toute la vérité : il était roi, avait fait la guerre, etc. Il lui raconta toutes ses aventures et lui demanda d’interpréter son rêve.

Le sage lui répondit : Seul, je ne peux rien interpréter. Cependant il existe un moment, un certain jour, durant un certain mois, où je récolte tous les ingrédients, toutes les herbes avec lesquelles je fais de l’encens. De ces herbes, je prépare une mixture. Quand on fait des fumigations avec l’encens devant quelqu’un et que cette personne
garde à l’esprit ce qu’elle veut voir et savoir, alors elle sait tout .

Le roi se dit que, ayant déjà beaucoup attendu, il attendrait encore le mois et le jour dont le sage lui avait parlé. Lorsque ce jour arriva, le sage fit les préparatifs et des fumigations d’encens devant le monarque. Alors, celui-ci commença à voir. Il vit même ce qui lui était arrivé avant sa naissance, lorsque son âme était encore dans le monde supérieur.

Et. voici ce qu’il vit :
On promenait son âme à travers tous les mondes. Puis on invita quiconque ayant un grief contre cette âme à se faire connaître. Personne ne se manifesta. Finalement, quelqu’un accourut, se présenta et cria : Maître de l’Univers ! Ecoute ma supplique ! Si celui-ci vient au monde, que me restera-t-il à faire ? Et pourquoi m’avoir créé ? Celui qui avait crié ainsi était le Samech Mem en personne. Il avait crié ainsi parce que si cette âme venait sur terre, il n’aurait plus rien à accomplir.
On lui répondit : Cette âme doit descendre dans le monde. Quant à toi, tu n’as qu’à trouver une solution à ton problème . Celui qui avait crié partit. Puis on promena encore l’âme à travers les mondes, et on l’amena devant le Beth Din d’En-Haut, pour prêter serment avant de descendre sur terre. Le Samech Mem n’était pas encore arrivé. On lui envoya un messager et il arriva.

Un homme très vieux et tout courbé l’accompagnait. Le Baal Davar
connaissait ce vieil homme depuis très longtemps. Il dit en riant : J’ai trouvé la solution à mon problème ! Maintenant, l’âme peut descendre dans le monde ! On autorisa l’âme à descendre dans le monde.
Le roi vit tout ce qui lui était arrivé, du début à la fin. Il vit comment il était devenu roi, les guerres qu’il avait menées ainsi que les prisonniers qu’il avait faits. Parmi eux se trouvait une femme de belle figure (Deut. 2I:II), qui possédait toute la grâce du monde. Cependant, cette grâce n’émanait pas de sa personne mais d’un diamant qu’elle portait. Ce diamant renfermait toute la grâce du monde la transmettait à la belle captive.
Et sur la montagne, ne peuvent venir que les sages et les riches…

(Le Rebbe Rabbi Na’hman) n’est pas allé plus loin dans sa narration).

Il y aurait encore beaucoup de choses à dire.
(Ce qui est dit à propos des captifs n’est pas aussi bien exprimé que ce qu’il a raconté.)

Psaume de David quand il prit la fuite : Seigneur, que mes ennemis sont nombreux ! Beaucoup se dressent contre moi… Mais toi, ô Eternel, Tu es un bouclier qui me protège. Tu es mon honneur et me fais porter la tête haute. (Psaume n°3).

Interprète bien ce psaume et comprends le bien. Tu verras que toute l’histoire y fait allusion.

 

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